Ouverture d’une classe supplémentaire refusée: les parents d’élèves alertent

L’APE-FCPE d’Ondres relaie cette communication des parents d’élèves de l’école  élémentaire André BARROMES, dans laquelle une classe supplémentaire devait ouvrir à la rentrée prochaine devant la hausse des effectifs. Pour l’heure, le rectorat a refusé cette ouverture.
Le dossier va être réexaminé le 30 juin – le courrier ci-dessous a été rédigé pour alerter sur la situation et obtenir une décision que nous espérons positive. N’hésitez pas à le partager!

À Ondres, les parents d’élèves sont en colère. Mais au-delà de la colère, c’est une profonde
inquiétude qui nous anime.
Le rectorat vient de refuser l’ouverture d’une classe supplémentaire à l’école élémentaire, classe qui nous a été fermée il y a 2 ans, alors même que les effectifs continuent d’augmenter et que de nouvelles inscriptions arrivent chaque semaine. À la rentrée prochaine, certaines classes atteindront 27 élèves.
Cette décision ne constitue pas seulement une erreur de gestion. Elle interroge notre conception même de l’école publique et du pacte républicain.
L’école n’est pas un service parmi d’autres. Elle est le socle de notre République. Elle est l’institution qui permet à chaque enfant, quelle que soit son origine sociale, culturelle ou géographique, d’accéder au savoir, à l’émancipation et à la citoyenneté.
Nos grands-parents se sont battus pour cela. Des générations de Français ont construit, défendu et financé une école publique accessible à tous, convaincus qu’elle était la meilleure garantie de l’égalité des chances et de la cohésion nationale. Le droit à l’éducation n’est pas une faveur accordée aux familles : c’est un droit fondamental reconnu par la République.
Aujourd’hui, nous avons le sentiment que cet héritage est progressivement remis en cause.
Comment prétendre lutter contre les difficultés scolaires, contre le recul du niveau en français ou en mathématiques, tout en surchargeant les classes ? Comment accompagner correctement les élèves à besoins particuliers, les enfants bénéficiant d’aménagements pédagogiques ou d’un suivi spécifique, lorsque les effectifs continuent de croître ?
La réalité du terrain est connue. Un programme immobilier de 27 logements vient d’être livré. D’autres constructions sont prévues. De nouvelles familles arrivent. Les inscriptions se poursuivent encore aujourd’hui. Pourtant, les besoins exprimés par les enseignants, les familles et les élus locaux sont ignorés.
Nous avons le sentiment que l’on ne raisonne plus en fonction des enfants mais uniquement en fonction de seuils administratifs et de contraintes budgétaires. Les élèves deviennent des statistiques. Les enseignants deviennent des lignes comptables. Et l’école publique devient une variable d’ajustement.
Cette logique est dangereuse.
Car lorsqu’on dégrade les conditions d’apprentissage dans l’école publique, ceux qui en ont les moyens chercheront des solutions ailleurs. Les autres resteront dans des classes toujours plus chargées. Est-ce ainsi que l’on conçoit l’égalité républicaine ?
En 1975, la loi Haby instaurait le principe de l’école unique afin de garantir à tous les enfants un accès égal à l’instruction. Cinquante et un ans plus tard, nous sommes en droit de nous interroger : l’école unique est-elle en train de disparaître à bas bruit, faute de moyens et d’ambition politique ?
Nous refusons cette résignation.
Nous demandons simplement que soit respecté un principe fondamental : chaque enfant a droit à une éducation de qualité dans des conditions dignes. Ce principe n’est ni un privilège ni une revendication corporatiste. C’est l’un des fondements mêmes de notre République. Aujourd’hui, à Ondres, nous lançons un appel. Un appel aux décideurs, mais aussi à l’opinion publique.
Parce que lorsque l’on renonce à investir dans l’école, ce n’est pas seulement une
classe que l’on refuse d’ouvrir. C’est une part de notre avenir collectif que l’on
choisit de fermer.

Les parents d’élèves de l’école élémentaire d’Ondres.

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